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Économie

L'IA sème la panique dans les mathématiques

Sep 21, 2026 IDOPRESS

Les intelligences artificielles sont-elles en passe de maîtriser tous les problèmes mathématiques ? (MALTE MUELLER / FSTOP / GETTY IMAGES)

Il y a des problèmes de maths plus compliqués à résoudre que d’autres. Et il y en a même qui n’ont jamais été résolus. Ainsi une liste de "problèmes du millénaire" a été établie en 2000 par une fondation américaine dédiée aux mathématiques,l’Institut Clay.

La société OpenAI,qui conçoit le programme d’intelligence artificielle ChatGPT,propose désormais une solution à l’un de ces problèmes.


Pour ce faire,OpenAI a utilisé 10.000 agents d’intelligence artificielle – un nombre considérable. En travaillant en parallèle,en 88 heures de calcul (moins de 4 jours),ces programmes autonomes ont proposé une solution à l’un de ces problèmes du millénaire. En l'occurrence,le problème de Navier-Stokes,du nom d’équations utilisées pour décrire les mouvements des liquides et des gaz.

Les travaux de deux mathématiciens (humains) copiés ?

Cette prouesse vaut une polémique à OpenAI,lancée par des mathématiciens en chair et en os : le chercheur de l’Université de New York Tristan Buckmaster et un de ses collègues,chercheur lui chez Anthropic,concurrent d’OpenAI.

Ils ont travaillé durant l’été sur le problème de Navier-Stokes. C’est la rumeur de leurs avancées qui a déclenché l’effort massif d’OpenAI sur le problème. Le géant de l’IA aurait-il copié sur les deux mathématiciens ? Cela paraît possible,car les deux hommes utilisaient un modèle d’intelligence artificielle d’OpenAI comme outil pour leurs travaux.

Buckmaster pose donc la question : les résultats obtenus par son collègue et lui auraient-ils été utilisés,à leur insu,pour entraîner les modèles d’OpenAI ? Le géant du numérique assure que non,mais les zones d’ombre persistent.

Une histoire qui devrait marquer la recherche en mathématiques

Il y a encore peu de temps,l’intelligence artificielle était un outil au service des chercheurs. Maintenant l’IA est capable de travailler à la place des chercheurs. Il y a de quoi être secoué.

Dans un entretien au magazine La Recherche,la mathématicienne Isabelle Gallagher se disait "effondrée" qu’une question,sur laquelle de nombreux collègues avaient discuté autour d’un tableau noir durant des années,puisse être résolue en quelques jours par une dizaine de milliers d’agents IA.

Car c’est bien la question qui se pose : comment faire en sorte que la recherche en mathématiques demeure une activité humaine,même sous le règne de l’IA.